

J'hallucine et pourtant c'est vrai : j'ai attendu deux heures dans cette petite salle étroite chez docteur X. A lire un polar de Dennis Lehane, coincé contre d'autres patients qui se plaignaient ou qui jouaient avec leurs téléphones portables. Il y avait un roumain qui ne parlait pas français et pour qui la consultation a duré deux minutes seulement (contre deux heures d'attente!). Il y avait un vieux magazine aussi. Je l'ai pris et je suis tombé sur une photo de la pianiste Hélène Grimaud. Alors pour me calmer, je me suis mis à la croquer parce que je suis toujours fasciné par son regard de louve. Et là j'ai oublié que j'attendais.
Vu aujourd'hui à la Maison Européenne de la photographie, l'expo "Harlem in My Heart" de Martine Barrat. Des superbes photographies en noir et blanc pleines d'humanité.
Ce soir y'a Francine, ma prof d'atelier, qui m'a dit que je progressais. Elle est très sympa, on a bossé toute la journée dans son petit atelier rue Saint Fargeau. J'ai fini en me lançant pour la première fois sur du lavis (deux essais retenus ci-dessus). C'est une expérience très vivante. Voilà, cette semaine sur pierzo le blog, on parlera aussi de Zazen. Ce soir spéciale dédicace à Roro de Finlande à qui je n'ai toujours pas répondu. Ces mails venus du froid me font pourtant toujours plaisir. Bonne semaine à tous.
Un nu masculin cette fois - pour ne pas faire de jaloux(ses)- croqué à l'atelier, lundi soir. J'ai montré quelques crobarts au peintre Ronan Barrot, rencontré ce matin à l'expo Courbet. Il m'a dit que je m'attachais trop aux contours alors que l'important est d'attaquer directement dans l'essence même des formes. L'expo Courbet vue sans aucun visiteurs, c'était un moment très troublant et émouvant. J'aimerai y retourner en fantôme, la nuit.

Ce soir, voici un portrait de Courbet dessiné dans le TGV Montpellier-Paris, d'après une photo de Jules Thierry prise en 1871. Je remercie la bonne soeur assise dans le siège de l'autre côté du couloir pour ses encouragements au dessin, distribués à l'arrivée du train en gare de Valence. L'expo Courbet commence cette semaine au Grand Palais à Paris.
Sans elle, je ne me serais pas arrêté pour regarder.
René Char aimait sentir venir la foudre. Il avait un corps puissant et magnétique, plein d'énergie. Cet été j'ai passé des moments à l'Ile sur la Sorgue, son village. Il aurait eu 100 ans cette année. Ce soir j'ai pris un fusain et j'ai essayé de faire son portrait le plus rapidement possible. Il y avait de l'orage dans l'air.